L’été en ville, c’est l’occasion de sortir de la routine ou des sentiers battus. Cette année encore, nos journalistes ont déniché pour vous des coins surprenants, des activités méconnues, des personnages, et fait plusieurs découvertes qui donnent leur texture à nos villes.
Ce que ça peut être stressant de s’entraîner dans un centre de conditionnement! Faut suer à proximité des autres. Essayer de ne pas trop penser à ce qu’on a l’air avec notre ventre qui gigote alors qu’on tente de pianoter son erre d’aller sur le clavier tapis roulant. «On ne devrait surtout pas être esclave des machines», reconnaît Éric Tomeo, fondateur du nouveau circuit Trekfit, un équipement d’entraînement en plein air, dont le premier de son espèce loge au parc Jean-Drapeau, entre un parc pour enfants et le complexe aquatique.
«Même qu’après avoir essayé le circuit, tu réalises que tu peux reproduire les mêmes exercices à la maison avec une chaise de cuisine ou l’escalier dehors», suggère l’entrepreneur, qui a voulu redonner à l’exercice physique ses lettres de noblesse, et surtout sa simplicité. Que ce soit la grand-maman qui a envie de se délier les mollets pendant que son petit-fils s’amuse à attraper des papillons autant que le nageur de compétition qui veut s’entraîner avant de plonger, tous les types de sportifs sont les bienvenus dans ce «parc pour adultes».
Un kinésiologue dans le coup
Pour s’assurer que ses stations offrent un exercice des plus complets, M. Tomeo s’est lié à Alexandre Paré, kinésiologue au corps musclé jusqu’aux oreilles. Ce dernier a conçu les séances d’exercices de chacune des cinq stations du circuit Trekfit, des parcours qu’on peut prendre dans leur version facile — ou «sportif en formation» — lorsqu’on a un physique moins découpé que l’expert Paré. Si l’idée fait penser aux installations colorées sur lesquelles les aînés asiatiques se dégourdissent, lorsqu’on lui fait part de la comparaison, le spécialiste tique.
«C’est pas parce qu’ils ont de l’équipement extérieur que c’est valable d’un point de vue physiologique», défend le consultant sur l’aspect santé. La première crainte des personnes âgées, c’est de tomber. «Alors pour éviter ça, faut entraîner les membres inférieurs.» Comme l’explique le spécialiste, tournoyer sur un jeu ludique bleu et rouge, c’est bien amusant, «mais pas très efficace pour travailler les stabilisateurs».
Fondue dans l’environnement
Les stations aux lignes courbes, imaginées par l’équipe de la boîte montréalaise Signature Design Communication, sont quant à elles plus que discrètes. Fabriquées en acier inoxydable et en Ductal®, un béton fibré ultrarésistant, elles se fondent dans l’environnement du parc. D’emblée, exception faite de l’échelle suspendue, on se ne sait pas trop comment s’y exercer quand on regarde le circuit. C’est pourquoi les graphiques sur panneaux viennent illustrer les mouvements qu’on doit faire, tantôt pour s’échauffer, s’entraîner puis finalement s’étirer. Au total, le parcours, qu’il est possible d’imprimer de la maison via le site de Trekfit, prend de vingt à trente minutes à compléter.
Ce sont les rustiques circuits de bois, si populaires il y a une vingtaine d’années sur les pistes d’hébertisme, qui sont à l’origine de l’idée de l’entreprise. Pour son président, l’idée était d’offrir un circuit qui s’adapte à tous, même à ceux qui n’ont pas beaucoup de connaissances en entraînement physique. Fidèle à sa vocation sportive, le parc Jean-Drapeau a pris le leadership en y érigeant ce parc, et l’homme d’affaires, qui ne cache pas son rêve d’implanter son Trekfit sur le mont Royal, est persuadé que l’idée va faire des petits au cours des prochaines années. «Ça va être intéressant de voir comment les villes vont se référer à des spécialistes, prendre des bonnes décisions pour ne pas que l’on se retrouve avec plein de parcs remplis de gadgets qui ne sont pas utiles pour la santé physique.»
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